Mes transitions autour du Monde

Salutations à vous tous!

Voici quelques nouvelles de mes derniers mois.

Depuis le début de l'année, je me suis jointe à un nouveau groupe d'entraînement qui me permet de me dépasser et de me garder bien motivée. Par contre, cette transition a été plus difficile que je l'aurais crue. Après avoir terminé ma session à l'Université (ESG, UQAM), je suis retournée m'entraîner à Victoria, C.B. pour quelques semaines.

Au début du mois de juin, je suis partie de Victoria vers Osaka, Japon pour effectuer une Coupe asiatique. Une belle opportunité de me mesurer à d'autres athlètes internationales. Malheureusement, j'ai quitté le Canada grippée ce qui a rendu le voyagement très pénible. J'ai pu être en mesure de m'entraîner un peu à Osaka mais c'est sans énergie que j'ai pris le départ. Cette compétition m'a permis d'acquérir encore de l'expérience puisque c'est jusqu'au fil d'arrivée que j'ai poussé mes limites. Ensuite, avec mon groupe, nous avons pu visiter un avant-midi ce quartier d'Osaka et réserver un resto pour déguster des sushis cuisinés devant nous par le chef.

 Osaka, Japon. 2018. Devant la zone de transition.

Osaka, Japon. 2018. Devant la zone de transition.

  Osaka, Japon. Coupe asiatique 2018.

Osaka, Japon. Coupe asiatique 2018.

  Devant notre site du triathlon d'Osaka. Le château d'Osaka.

Devant notre site du triathlon d'Osaka. Le château d'Osaka.

Le lendemain, nous reprenions l'avion vers les Pays-bas (30 hrs de voyagement et malade) pour rejoindre le reste du groupe. Cette année, c'est à Sittard, Pays-bas que nous étions basés. Dès mon premier séjour dans ce pays (3 ans déjà), je suis tombée en amour avec leur style de vie. Alors de pouvoir m'entraîner à cet endroit pour les trois (3) prochaines semaines faisait bien mon affaire. C'était comme un campus avec plusieurs demeures qui logeaient en moyenne  7 personnes par maison. Nous avions deux de ces maisons à proximité l'une de l'autre et nous étions 8 athlètes dans la mienne. Heureusement, nous nous sommes tous très bien entendus et avions chacun notre chambre. Puis de Sittard, on conduisait pour se rendre aux compétitions à quelques heures dans les pays voisins. Cet aspect a fait une différence majeure comparativement aux années précédentes. Le voyagement (+décalage) n'est pas mon fort alors si je pouvais éviter les heures d'attente dans les aéroports, je m'en réjouissais grandement.

La compétition suivante se tenait à Wuustwezel en Belgique. Nous avons conduit que deux heures pour se rendre dans ce pays voisin. J'ai été accueillie comme une princesse par ma famille d'accueil. J'ai aussi adoré l'atmosphère de cette ville! Les gens se connaissaient et tout le monde était sympathique. Surtout que c'était la même journée où la Belgique avait gagné son match de soccer en Coupe du Monde. L'ambiance était à la fête dans toutes les rues. 

  La famille qui m'a accueillie comme une princesse.

La famille qui m'a accueillie comme une princesse.

  Course en entraînement à Wuustwezel, Belgique.

Course en entraînement à Wuustwezel, Belgique.

 Wuustwezel, Belgique. Coupe européenne 2018.

Wuustwezel, Belgique. Coupe européenne 2018.

Pour ce qui est de mon triathlon en Coupe européenne, tout s'est bien déroulé. J'aurais voulu exécuter un premier tour de course à pied plus rapide,mais sinon, dans l'ensemble, j'étais satisfaite.

Le lendemain, nous retournions  à Sittard, Pays-Bas pour reprendre l'entraînement en vue de la prochaine course. Cette fois-ci, on restait dans les Pays-Bas car la Coupe européenne suivante se déroulait à Holten. Depuis ma première expérience en Coupe européenne, je prends part à cette course. Elle est spéciale pour moi vu que je m'y rendais pour la 4ème fois. J'adore le parcours!

Comme à pareille date l'année dernière j'avais fait beaucoup plus de compétitions, j'avais en tête que tout allait être mieux encore cette année. Par contre, chaque compétition est différente par ses facteurs circonstanciels du moment. C'est ce qui fait que l'expérience s'acquiert...

Holten a été difficile. Mentalement et physiquement. Le départ est lancé et je savais que la prochaine heure allait être difficile. Mais c'est ça le triathlon, on s'entend? Ce n'est jamais facile! Alors, je m'y attendais, je me suis battue jusqu'à la fin pour remonter de sept positions à la course à pied. Ça m'a simplement fait réaliser que oui, j'étais fâchée et déçue de moi-même, mais que je ne devais jamais abandonner tant que ce n'était pas fini! Bien entendu, j'aurais voulu me retrouver plus en avant, mais au moment du départ, c'est ce que j'avais à donner. Ce n'était pas assez pour me satisfaire puisque je savais que je valais plus et que mon corps n'avait pas répondu comme prévu à ce moment-là. Depuis le temps que je fais de la compétition, je pense qu'il sait ce qu'il a à exécuter.

En revenant à la maison au Québec quelques jours après Holten,  j'ai décidé d'obtenir des réponses. Je me suis rendue prendre une prise de sang. Première chose à faire. Comme je suis à l'écoute de mon corps, je savais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Finalement, j'ai reçu les résultats de mon médecin après quelques jours pour m'annoncer une baisse considérable en fer depuis ma dernière prise de sang ( seulement quelques mois auparavant). J'ai dû commencer à prendre des minéraux de fer afin de remonter le plus rapidement possible ma ferritine. Ça explique beaucoup...

Lachine, Montréal 2018.jpg

Être athlète c'est aussi prendre soin de soi. Depuis le début de ma carrière (si je peux employer le mot) je m'écoute tout en demeurant forte et dure avec moi-même. Je ne panique pas dès le premier moment qui ne va pas comme je le désire. Il y a des jours où tout va comme sur des roulettes et il y a des jours où rien ne va! C'est normal! Une journée chaude avec entraînement, je suis plus fatiguée et ça passe. Comme tout le monde! Si, par contre cela persiste, j'essaie de comprendre le pourquoi. (Alimentation, heures de sommeil, heures d'entraînements, massothérapie, musculation, voyagement, décalage = facteurs) Comprendre le pourquoi n'est jamais facile. De savoir se questionner, (mais pas trop longtemps pour ne pas laisser s'installer un doute) de savoir s'arrêter et devoir se reposer est tout un apprentissage.

C'est la beauté du sport! D'apprendre à se connaître soi-même en allant au bout de ses limites tout en sachant s'arrêter pour mieux repartir.

Lachine, Montréal, 2018.jpg

Donc, lorsque je suis revenue à la maison, j'étais bien contente. "Home sweet home". J'avais l'impression d'avoir été grippée trop longtemps et que mon corps me demandait du repos. Je me suis retrouvée dans une zone inconnue et sans m'en rendre compte, mon corps s'est retrouvé déstabilisé de cette période plus faible.

Une chance, j'ai pu passer du temps avec mes proches et souligner mon anniversaire à la maison. J'ai participé à une Coupe du Québec à Gatineau sous un format différent de semi-finale/finale dans la même journée. C'était agréable mais j'ai eu mal. Les courtes distances font vraiment plus mal parce qu'elles sont beaucoup plus rapides. La finale s'est disputée avec mon ancienne collègue où j'ai terminé au deuxième rang. J'ai adoré ma journée!

  Grand Prix de Gatineau, 2018

Grand Prix de Gatineau, 2018

Podium, Gatineau.jpg

Ensuite, la fin de semaine dernière ( mi-juillet), j'avais l'opportunité de faire la Coupe panaméricaine à Magog. Surtout que Magog me rappelle de beaux souvenirs, j'avais hâte de montrer ce dont j'étais capable. Encore une fois, mon corps en a décidé autrement. C'est à ce moment là que j'ai réalisé que j'étais plus faible que ce dont je pensais. Je me sentais bien les jours précédents mais pas forte. Je pensais que j'étais correcte, mais je ne l'étais pas à 100%. Je l'ai su la veille de la course. Je suis retombée malade et je n'arrêtais pas de tousser et de moucher. Une bonne grippe... le matin de la course. J'ai discuté avec mon entraîneur. Je repensais à ma course au Japon et je ne voulais pas me retrouver dans la même situation. Nous avons convenu que si mon corps ne répondait pas, j'allais prendre la décision de simplement me retirer. 

Samedi matin à Magog, il pleut. Le départ est donné et j'ai une bonne natation. Je suis 4ème à la sortie de l'eau. En embarquant sur mon vélo, nous sommes un petit groupe de 5 filles en tête. Les premiers mètres sont les plus importants. Aucun travail solide d'équipe n'est fait alors les filles derrière ont tout de suite rejoint notre peloton de tête. Après le premier kilomètre, nous étions rendues une quinzaine dans notre peloton. Je savais que ça allait se jouer à la course à pied. Je me suis donc positionnée dans le milieu du groupe pour garder mon énergie. Déjà que j'en avais pas beaucoup. La pluie était au rendez-vous alors je devais restée bien alerte. Le débarquement arrive sous peu. Une chute se produit devant moi alors je perds de précieuses secondes à contourner. Je sors de la transition beaucoup trop loin alors que normalement, je me retrouve souvent dans les transitions les plus rapides. J'ai commencé la portion de course à pied et ça n'allait pas, mais je ne voulais pas arrêter. L'orgueil a pris le dessus et je me suis dit que j'étais correcte. J'ai pu augmenter ma cadence au deuxième tour de course à pied mais bien loin du résultat espéré.

  Départ. Coupe continentale à Magog 2018.

Départ. Coupe continentale à Magog 2018.

C'est fâchant, c'est frustrant, tellement frustrant! Toutes ces heures de travail et d'acharnement pour ne pas être en mesure de démontrer ma forme! J'ai pris quelques instants pour analyser ma course et ma saison jusqu'à maintenant. Une saison de transition. Un changement de groupe, d'entraîneur, de dynamique de groupe...ça fait une différence. Une belle différence. C'est positif. C'est un ajustement. Avec mon entraîneur, on essaie des choses pour voir comment mon corps répond. J'ai pris deux jours de repos afin de mieux recommencer. Je sais que je suis capable de beaucoup plus, mais il suffit simplement de trouver la formule gagnante pour moi! Je le sais, on le sait, ça s'en vient!

Je suis de retour à Victoria, C.B. dans mon environnement d'entraînements pour un bloc d'entraînements avant les Championnats canadiens qui se dérouleront à Kelowna à la mi-août. Je continue de me répéter que rien n'arrive pour rien. Et, je garde espoir que je reviendrai encore plus forte pour terminer en Grand ma saison. Je demeure persévérante comme dans tout!

À bientôt!

Je vous donne des nouvelles sous peu...

Merci pour votre soutien si précieux!

Élie.xx